Objet du mois
Éléments de l’avion Couzinet 33 « Biarritz » F-ALMV
Éléments de l’avion Couzinet 33 « Biarritz » F-ALMV
Société Anonyme des Avions René Couzinet
France, 1931
Ensemble de panneaux dit « Bande des as »
195,5 cm x 93,5 cm
Contreplaqué peint
Fragment d’hélice
47 cm x 15 cm
Bois, métal, toile
Fragment d’aile
31 cm x 14 cm
Contreplaqué
Le 6 mars 1932, le pilote Charles de Verneilh, le navigateur Max Dévé et le mécanicien Émile Munch décollèrent du Bourget à bord de l’avion Couzinet 33 « Biarritz ». Au terme d’un voyage d’environ 24 000 km, l’équipage atterrit à Tontouta, près de Nouméa, le 5 avril 1932, réalisant ainsi la toute première liaison aérienne entre la France métropolitaine et la Nouvelle-Calédonie.
Charles de Verneihl, ancien pilote à l’Aéropostale, imagina en 1930 un raid Paris-Nouméa. Il fit appel au capitaine et professeur de navigation aérienne Max Dévé, son ancien camarade d’escadrille pendant la Première Guerre mondiale. L’entreprise de René Couzinet fournit cet appareil unique qu’elle était en train d’achever, ainsi que l’assistance de son mécanicien Émile Munch. L’avion fut baptisé « Biarritz » en référence à la municipalité basque, qui versa une subvention pour la construction de l’avion.
Les trois membres d’équipage déterminèrent un itinéraire les faisant passer par la Lybie, l’Egypte, l’Irak, le Pakistan, l’Inde, la Birmanie, la Malaisie, l’Indonésie, et enfin l’Australie, avant d’arriver en Nouvelle-Calédonie. Le voyage s’effectua en 21 étapes, totalisant 134 h 35 min de vol.
Le « Biarritz » fut accueilli avec enthousiasme, mais subit des dommages à l’atterrissage en heurtant un niaouli. Des morceaux en furent alors prélevés et conservés en souvenir, avant qu’il ne soit réexpédié en métropole par paquebot pour être réparé. Les différentes étapes de la traversée furent peintes sur la bande tricolore du fuselage, comme sur d’autres avions de raids de la même époque, tels le Breguet 19 Super Bidon « Point d’interrogation » ou encore le « Nungesser-Coli ». Charles de Verneilh continua à voler sur le « Biarritz », notamment au Maroc. L’avion fut définitivement détruit le 30 octobre 1933 dans un accident aérien à Blaisy-Bas (Côte-d’Or), fatal pour son équipage : Charles de Verneilh, le mécanicien Marcel Le Bas et le radiotélégraphiste Auguste Goulmy.
La traversée Paris-Nouméa, restée célèbre, marqua à la fois les prémices des liaisons aériennes avec le Pacifique et les débuts de l’aéronautique en Nouvelle-Calédonie, l’enthousiasme généré entraînant la création de l’aéro-club calédonien en 1934.
Cet ensemble de morceaux de l’avion fut donné au musée de l’Air et de l’Espace par Bertrand Dévé, le fils du navigateur Max Dévé.
Texte : Marion Weckerle
Photographies : Musée de l’Air et de l’Espace/Vincent Pandellé ; Marion Weckerle


