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Aérospatiale-BAe Concorde Sierra Delta 213 F-BTSD Air France

Le programme Concorde

Défi technique globalement remporté, le Concorde, beaucoup trop cher à exploiter, n’était pas commercialement rentable. Aucune compagnie aérienne ne transforma ses options en commandes fermes. Pour sauver l’ensemble du programme, les gouvernements Britannique et Français imposèrent les seize avions de série à leur compagnie nationale respective, moyennant un important soutient financier.

Les premiers vols commerciaux

Le premier exemplaire commercial, le F-WTSB, vola le 6 décembre 1973. Plus de 5 500 heures de vol accumulées par les huit premiers Concorde dont 2 000 en supersonique aboutirent à la certification le 9 octobre 1975 en France et le 5 décembre en Grande-Bretagne. La mise en service débuta le 21 janvier 1976 sur Paris-Dakar-Rio et Londres-Bahrein prolongé ensuite sur Singapour. Mais seuls les vols transatlantiques pouvaient justifier l’exploitation du premier avion de transport supersonique. Les vols sur Washington débutèrent le 24 mai 1976, ceux sur New-York, le 22 novembre 1977.

L’avion de tous les records

Concorde fut employé aussi pour des vols spéciaux tels que des baptêmes de l’air à Mach 2 ou des voyages au long cours, une activité lucrative prenant une part non négligeable des heures de vol. Dans ce domaine le F-BTSD Sierra Delta, actuellement exposé au musée, s’illustra en établissant successivement le record de vitesse commercial circumterrestre d’ouest en est les 12 et 13 octobre 1992 en 25 h 15 (18 h 18 en supersonique) puis le 15 et 16 août 1995 dans le sens inverse en 22 h 46 (18 h 46 en supersonique).

Fin d’exploitation et arrêt des vols

Après la catastrophe du 25 juillet 2000 qui entraîna la perte du F-BTSC, le troisième avion de série, et la mort de 113 personnes dont 4 au sol, le Sierra Delta servit aux essais de nouveaux pneumatiques NZG, puis le 7 novembre 2001, il accomplit le vol de réouverture sur Paris-New-York. En 2003 ce fut encore lui qui le 31 mai acheva l’exploitation supersonique de la ligne en se posant à Roissy. Il fut remis au musée le 14 juin 2003 ayant accumulé 12 976 heures de vol accumulées depuis le 26 juin 1978 et reparties sur 4 282 vols.

Les Britanniques qui affichaient un coefficient de remplissage deux fois supérieur aux Français maintinrent leurs activités jusqu’au 26 octobre 2003.

Arrivée en vol au musée

Voici en exclusivité l’atterrissage du vol AF380Y CDG – LBG du 14 juin 2003, le dernier vol du Concorde Sierra Delta.

Descente de nez

Concorde : mise sous tension et baissé de nez

Saviez-vous que Concorde était toujours « vivant » au musée de l’Air et de l’Espace ? Grâce à une équipe de bénévoles et de passionnés, le Concorde Sierra Delta est régulièrement mis sous tension. Lors de votre visite, peut-être aurez vous la chance d’assister à une descente de nez en direct… En attendant, la voici en vidéo.

2009 : 40ème anniversaire

Ensuite, la parole était donnée à la maintenance Air France, avec la participation de Jean Michel Rougier (27 ans au service maintenance Concorde), Dominique Taillet, et Alexandra Jolivet -en jaune sur la photo- qui maintient « en vie » le Concorde F-BTSD exposé au musée de l’Air et de l’Espace.

En écoutant les interventions se succéder, on percevait la tristesse des propos : tous regrettaient l’arrêt des vols de Concorde. Voix hésitantes, « boule » dans la gorge, encore très émus, on sentait bien qu’ils faisaient battre le cœur de l’avion, qu’ils étaient acteurs de la « vraie » vie de Concorde. Et Alexandra de rajouter « les Anglais, eux, ont eu la chance d’avoir un sursis de 5 mois » : tout est dit.

Dimanche 1er mars 2009, Cap Avenir Concorde a organisé une journée commémorative de rencontres à l’occasion du 40e anniversaire du 1er vol Concorde. Le musée de l’Air y était présent : compte rendu en détail.

La journée a démarré -tôt pour un dimanche matin- par un petit discours d’entrée en matière en présence de pilotes et navigants qui ont participé aux essais Concorde. André Turcat, Henri Perrier et Michel Rétif (photo de gauche, de d. à g.) étaient à bord du prototype Concorde le 2 mars 1969 lors de son vol inaugural. Ils se tenaient là, tous les trois, comme de véritables monuments, aux côtés de Jean Pinet, le 1er pilote d’essai a avoir passé la vitesse du son aux commandes du supersonique.

Il paraissaient vraiment émus, comme il y a 40 dans le même aérogare, lors de la conférence de presse qui a eu lieu après ce 1er vol, presque au même endroit… Des membres d’équipage Anglais se sont aussi spécialement déplacés pour l’événement (photo de droite, de g. à d. Dave Mc Donald, Roger Mills et Peter Philips).

André Turcat était la vedette de la journée. Même s’il n’a pas été le seul, bien entendu, à écrire l’histoire de Concorde, étant le premier pilote à avoir fait décoller l’avion, il représente un symbole incontestable.

Agé de plus de 40 ans en 1969, il a encore participé très activement aux débats, avec beaucoup d’humour. Puis, c’est avec une grande générosité et une infinie gentillesse qu’il a dédicacé ses livres, entouré par la foule qui était venue le saluer.

Dès 9h30, lors de la première conférence sur le développement et les essais, il régnait une ambiance extra-ordinaire, au sens premier du terme. Nous étions en présence de quelques hommes -André Turcat, Michel Rétif, Jean Pinet, Henri Perrier, Yves Pingret, Dudley Collard, Peter Holding (mécanicien d’essais du 1er vol du prototype Concorde britannique 002), Jean Rech, Jacques Raulet et Gilbert Corrégé- qui ont tout simplement participé à l’écriture d’un chapitre important de l’histoire de l’aéronautique… Respect et admiration étaient palpables dans les yeux de l’assistance.

Ensuite, la parole était donnée à la maintenance Air France, avec la participation de Jean Michel Rougier (27 ans au service maintenance Concorde), Dominique Taillet, et Alexandra Jolivet -en jaune sur la photo- qui maintient « en vie » le Concorde F-BTSD exposé au musée de l’Air et de l’Espace.

En écoutant les interventions se succéder, on percevait la tristesse des propos : tous regrettaient l’arrêt des vols de Concorde. Voix hésitantes, « boule » dans la gorge, encore très émus, on sentait bien qu’ils faisaient battre le cœur de l’avion, qu’ils étaient acteurs de la « vraie » vie de Concorde. Et Alexandra de rajouter « les Anglais, eux, ont eu la chance d’avoir un sursis de 5 mois » : tout est dit.

Les pilotes ont pris la parole en début d’après midi. Air France était représentée par Henri-Gilles Fournier, Daniel Casari et Eric Tonnot (équipage du dernier vol du Fox Charlie vers Toulouse le 27/06/2003), Pierre Grange, Jacky Ramon ; British Airways par Roger Mills, Dave Mc Donald et Peter Philips qui ont honoré cette manifestation de leur présence colorant ainsi la tribune de leur style. Là, ce fut une avalanche de récits captivants : l’assemblée redoublait de questions, les pilotes d’anecdotes.

Enfin, avant de clôturer la journée par la conférence « L’avion du futur – Airbus France », le service d’excellence à bord de Concorde a pris la parole. Hôtesses et steward (Pierrette Cathala, Martine Camuzeaux, Nicole Méneveux, Marylène Vanier et Maurice Legendre) se passaient le micro et faisaient partager leur passion à servir à bord du plus bel avion du monde.

A la fin de la conférence, se mêlant à la foule, ils étaient très émus d’être applaudis par le public très proche d’eux, et n’en revenaient pas de devoir signer des autographes. Servir le mythe Concorde ça fait toute la différence.

Les conférences étaient animées par les journalistes Yves Marc (auteur du livre « Concorde le magnifique » sorti l’an dernier aux éditions Privat), Thierry Sentous (journaliste en charge de la rubrique aéronautique sur France 3 Sud) et Pierre Sparacco (auteur de « Concorde, la véritable histoire » aux éditions Larivière).

L’aérogare d’Affaires de Toulouse-Blagnac ne s’est pas vidée de la journée, rythmée par un va-et-vient incessant de fans de tous horizons. Il y avait également beaucoup d’officiels, liés de près ou de loin à l’aventure Concorde. La communauté de passionnés Concorde était aussi très représentée : le Club Concorde, le forum af001, ainsi que beaucoup de photographes spotters (airliners) qui ont alimenté de leurs magnifiques images, les abondantes publications sur Concorde.

Un bravo très mérité à Cap Avenir Concorde pour l’organisation courageuse et déterminée de cette commémoration qui, au delà de fédérer des actions et de raviver l’émotion, a fait prendre conscience de la richesse du patrimoine que représente Concorde.

L’aérogare était transformée en lieu d’expositions éphémères en rapport avec les thèmes des conférences. Un film sur les 1er et dernier vols Concorde était également projeté en boucle.

La boutique aéro était, elle aussi, à l’heure de Concorde, avec un regard insolite vers la vitrine contenant les fameux couteaux Laguiole, façonnés à partir de véritables morceaux de Concorde…

Remerciements à M. Jacques Rocca, Directeur de la Communication Airbus-France, d’avoir bien voulu accepter le tractage du Fox Charlie, sur le tarmac de Blagnac I, ainsi qu’aux autorités aéroportuaires qui ont beaucoup aidé, et ont accordé toutes les autorisations malgré un plan « Vigipirate ».

Photos publiées avec l’aimable autorisation de Cap Avenir Concorde.

X.D.

Concorde en images

Qualification des équipages Concorde à Vatry et Châteauroux

Mai 2003 : un des derniers décollages du Concorde F-BTSD

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