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Aviateurs, pilotes, astronautes, etc.

Jean Sarrail

Associé intimement à l’aventure des avions René Leduc et de la tuyère thermopropulsive, Jean Sarrail était avant tout un pilote d’essais au grand professionnalisme et à l’impressionnant palmarès. Il nous a quittés début juillet 2012 à l’âge de 93 ans.

Pilote d’essai des plus éminents, Jean Sarrail est né le 23 septembre 1919 à Toulouse (Haute-Garonne). Se destinant à l’armée de l’Air après l’obtention de son brevet de  pilote civil en 1937, il est admis au concours d’Istres l’année suivante. Sorti premier de la promotion B38 et du centre d’instruction à la chasse de Montpellier, il devient pilote de chasse en 1940 puis, à l’Armistice, rejoint le Groupe de chasse (GC) 2/1, sur Bloch 152.

Moniteur voltige et PSV

En juillet 1941, il est affecté au GC I/3 d’Oran mais, n’ayant jamais piloté de Dewoitine D.520, il est détaché à l’escadron d’entraînement de Blida, où se retrouvent les pilotes non opérationnels d’Afrique du Nord. Premier de son stage, on le conserve comme moniteur voltige et pilotage sans visibilité (PSV). Fin 1943, après avoir reçu un début d’entraînement aux "missions spéciales", sa demande de mutation est enfin acceptée. Il  rejoint alors effectivement le 1/3, désormais transformé sur Spitfire Mk.V.

Premiers combats, premières victoires

Engagés en opérations de "costal command", les pilotes de ce groupe de chasse protègent les convois alliés entre Gibraltar et Malte. C’est à l’issue du Débarquement de Corse que Jean Sarrail connaît son premier combat aérien, le 3 octobre 1943, au large de l’île d’Elbe. Il obtiendra sur ce théâtre d’opérations, deux victoires, deux probables et un avion endommagé. Il y connaitra également plusieurs accidents à la suite d’ennuis mécaniques sérieux.

Le GC 1/7 à la reconquête du territoire

Après un stage de six mois à l’école de l’Air, alors repliée à Marrakech, il est affecté en 1944 au GC I/7, nouveau groupe formé d’anciens du 1/3 et du 2/7 et qui constitue la première Escadre de chasse. Engagé dans des missions de protection de convois et de bombardement en Italie, à bord de Spitfire Mk.IX, le groupe se pose à Istres début septembre 1944, avant de suivre l’avancée alliée dans la vallée du Rhône, puis la remontée vers Lyon, Dijon et Luxeuil.

L’Allemagne... puis l’Indochine face aux Japonais

Il prend ensuite part à la campagne d’Allemagne jusqu’à  la capitulation nazie, puis, après 163 missions de guerre, rejoint l’Indochine en 1945 pour participer aux opérations d’Extrême Orient consistant pour la France à défendre sa colonie attaquée par le Japon. Par manque d’avions, il y vole un temps sur... Nakajima "Oscar", un chasseur japonais, avant de retrouver le "Spit" Mk.IX.

Pilote d’essais au CEV

Le lieutenant Jean Sarrail rentre en Métropole en août 1946. Son carnet de vol totalise près de 2000 heures, dont 298 en missions de guerre. En 1948, sa hiérarchie le désigne pour le Centre d’Essais en Vol de Brétigny. Titulaire, un an plus tard, du brevet n°114, il entame, après une année passée comme moniteur au CEV, une deuxième carrière, celle de pilote d’essais.

Le dernier vol du Messerschmitt Me. 262

La fin des années quarante est à coup sûr une époque extraordinaire pour les essais en vol. L’industrie aéronautique française, après avoir stagné quatre années sous l’Occupation, s’essaye alors au jet, notamment en testant le matériel récupéré chez l’ennemi d’hier. Jean Sarrail effectuera ainsi un vol aux commandes d’un Messerschmitt Me 262. Perdant un réacteur à la suite d’un tonneau lent, il se pose finalement sur son unique moteur valide et volets en panne... Ce sera le dernier vol d’un Me. 262 en France, l’avion étant par la suite interdit de vol.

Aux commandes de tous les jets de l’époque

Mais Jean Sarrail participe surtout aux essais de qualités de vol et de performances de tous les avions à réaction existant à cette époque : le SNCASO SO-6000 Triton, le premier jet conçu en France, le SNCASO SO-6020 Espadon, le De Havilland Vampire V britannique, le SNCASE Mistral, son dérivé construit sous licence en France, les Dassault MD-450 Ouragan et Mystère, les chasseurs embarqués SNCAC NC-1080, NC 1071, Arsenal VG 90 et Nord 2200, ou l’avion d’attaque au sol S.E. 2410 Grognard...

Jean Sarrail
Jean Sarrail rencontre Chuck Yeager, Edwards AFB

Leduc et le statoréacteur

Il sera ainsi le premier pilote du CEV à voler sur le René Leduc 010. Équipé d’un statoréacteur - mais dépourvu de réacteur -, ce "propulseur piloté" devait, pour être en mesure d’allumer son moteur, être préalablement largué depuis un appareil porteur. En effet, le principe même de la tuyère-stato implique une vitesse initiale pour que la propulsion soit obtenue à la mise en combustion. D’où un largage nécessaire, suivi d’un piqué avec prise de vitesse, puis allumage.

Accidenté dans la Crau à bord du 010-02

Le 27 novembre 1951, il connaît, à bord du deuxième exemplaire de cette machine (010-02), un grave accident en se posant très durement dans la Crau suite à une coupure tuyère due au bris de la pompe d’alimentation. Bilan : six mois d’hospitalisation. A peine rétabli de ce qui est déjà son quatorzième accident, il obtient un congé de l’armée de l’Air et intègre les effectifs du constructeur du Leduc. Il y remplace au pied levé Yvan Littolf, accidenté en juillet sur le 010.01, suite à un contact avec l’avion porteur au moment du largage.

Des hautes vitesses... à l’atterrissage en plané

Toujours pour René Leduc, Jean Sarrail pilotera ensuite le 016 (l’avion qui, modifié en 010, est exposé au musée de l’Air et de l’Espace) et, après avoir réalisé leur premier vol, les types 021.02 et 022. A noter que ce dernier, l’ultime Leduc (également au musée), était enfin doté d’un réacteur d’appoint Atar 101 pour le roulage, le décollage, l’alimentation des servitudes électriques, l’allumage de la tuyère... et le retour vers la piste pour l’atterrissage. Pour autant, les Leduc ne se posaient qu’en plané, moteur coupé. Sarrail n'effectuera pas moins de 163 manœuvres de ce type.

Jean Sarrail
Jean Sarrail à bord du Leduc 022

Le Bourget 1955 et la démo du 021

On se souvient particulièrement de sa présentation en vol du Leduc 021 du 18 juin 1955 au Bourget, lors du 21e Salon aéronautique. Après avoir été largué du quadrimoteur SE-161 Languedoc  à une altitude bien plus basse qu’à l’accoutumée, il effectue statoréacteur allumé mais sans trop s’éloigner de la foule malgré la vélocité de son engin, une superbe présentation, suivie d’un impeccable atterrissage plané sur cette piste comparativement bien courte par rapport aux vastes étendues dégagées du terrain d’essais d’Istres.

Fin de l’aventure Leduc et retour au CEV

Lorsqu’en 1958, René Leduc met la clé sous la porte, Jean Sarrail retourne au CEV. Il participera aux essais de la majorité des prototypes de pointe de l’industrie aéronautique française des années soixante, comme les Dassault Super Mystère B2, Étendard IV, qu’il posera pour la première fois en panne réacteur, ou Mirage III. C’est à bord d’une machine de ce type qu’en 1961, il connait un incident qui aurait pu se finir bien plus mal.

Miracles en série à Fos-sur-Mer

A l’issue d’un essai dans la zone d’Istres par une fin de matinée de très fort mistral, il doit évacuer le Mirage III C n°6 de présérie devenu incontrôlable. Jean Sarrail n’a d’autre choix que de s’éjecter. Et, tandis que son appareil se crashe dans la rue principale de Fos-sur-Mer ne faisant aucune victime, le pilote, suspendu à son parachute, est entraîné vers le golfe de Fos. Tombé en mer dans des creux de 2 mètres, il est alors tiré par son parachute que le vent entraîne à près de 100 km/h. Ne parvenant pas à le larguer, il ne devra sa survie qu’à son courage acharné et au secours d’un bateau...

6600 heures de vol sur 184 types de machines

Devenu chef du personnel navigant, puis directeur adjoint de l’Epner (l’École des personnels navigants d’essais et de réception), il devra brusquement, à l’âge de 48 ans, cesser de voler pour raisons médicales. En 1968, la mort dans l’âme, il quitte ainsi le CEV ayant totalisé 6600 heurs de vol sur 184 types de machines dont 75 prototypes. Jean Sarrail était commandeur de la Légion d’honneur, grand officier de l’Ordre national du mérite.

Retiré depuis de très nombreuses années dans la région d’Istres, théâtre de certains de ses plus fameux vols, il nous a quittés à 93 ans. Il laisse à la communauté des essais en vol le souvenir d’un très grand pilote, très courageux et d’un excellent camarade. Le musée de l’Air et de l’Espace, qui conserve deux des appareils les plus marquants de sa carrière, s’associe à la douleur de sa famille et de ses amis.

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