Présentation du Jaguar A91, avion emblématique de l’opération Daguet

Le dimanche 17 janvier, le musée de l’Air et de l’Espace a procédé dans le hall Concorde à la présentation de l’avion S.E.P.E.C.A.T. Jaguar A91.

Véritable objet patrimonial, l’appareil a intégré les collections du musée au cours d’une cérémonie restreinte en présence du Préfet Patrice Latron – représentant la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées (MIDARM) Geneviève Darrieussecq – ainsi que du général d’armée aérienne (CR) Stéphane Abrial, président du Conseil d’administration du musée.

À la fois premier et dernier avion de combat supersonique conçu par la firme Breguet, le Jaguar A91 est livré à l’Armée de l’air en 1977. Il connaît au cours de sa carrière divers détachements au Tchad, jusqu’en 1986, ainsi que plusieurs missions de guerre. Le 17 janvier 1991, le Jaguar A91 prend part au premier raid de l’opération Tempête du Désert lors de la première guerre du Golfe. Touché par un missile, il a conservé jusqu’à aujourd’hui les stigmates de cet engagement.

Rapatrié en France en 1991, sur la base aérienne 136 de Toul, puis confié depuis 2011 au conservatoire CANOPEE sur le site de l’ancienne base aérienne de Châteaudun (actuel EAR 279), cet appareil présente un fort enjeu mémoriel – une dimension symbolique qui a motivé la décision commune de l’armée de l’Air et de l’Espace et du musée de le faire rejoindre, en dépôt, les collections permanentes du musée.

Au cours d’un discours de présentation, le général Stéphane Abrial a rappelé l’âpreté des combats et la force d’âme des pilotes ayant participé à l’opération Daguet, premier raid aérien de Tempête du Désert.

M. le Préfet Latron s’est réjoui de voir prolongée au sein des collections l’histoire du Jaguar A91, avion emblématique et entré dans l’histoire militaire française, portant une part de la mémoire de l’armée de l’Air et de l’Espace.

« Avec lui, les glorieuses 7e et 11e escadres trouvent dans ce panthéon de la troisième dimension la juste place qui correspond aux services éminents rendus à la nation. », a-t-il ajouté.

À la suite de la cérémonie s’est tenue une table ronde sur la thématique « L’opération Tempête du désert et le premier raid du 17 janvier 1991 avec les Jaguar », modérée par Michel Polacco et ouverte par un discours du général Bruno Maigret, représentant du chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace.

Parmi les intervenants, trois pilotes de ce raid – Jean-François Hummel, pilote du Jaguar A91, Jérôme Bolin, pilote du Jaguar A123, et Bruno Depardon, pilote du Jaguar A89 – ont partagé leur témoignage sur les combats et les difficultés rencontrées lors de l’opération.

Complétant le panel d’invités, Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, le général Jean Fleury, chef d’état-major de l’Armée de l’air de 1989 à 1991, et le général Vincent Lanata, chef d’état-major de l’Armée de l’air de 1991 à 1994, ont apporté leur éclairage sur le contexte géopolitique et le déroulement de l’intervention française lors de l’opération Tempête du désert, ainsi que sur les enseignements tirés de ces combats par l’Armée de l’air.

Dévoilement du Jaguar A91 au musée de l'Air et de l'Espace

Table-ronde au musée de l'Air et de l'Espace à l'occasion des 30 ans de la Première Guerre du Golfe

Les enjeux géopolitique de la Guerre du Golfe

Le 2 août 1990, deux ans après le cessez-le-feu conclu avec l’Iran, les armées irakiennes envahissent le Koweït pour s’emparer de ses gisements pétroliers et de sa façade littorale sur le Golfe persique convoités par Saddam Hussein.

Après l’échec d’un règlement diplomatique du conflit, la coalition internationale composée de 35 États dont les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, s’engage le 17 janvier 1991 dans un conflit ouvert contre l’armée irakienne. La coalition constitue la plus grande « armada aérienne » depuis la seconde guerre mondiale. Elle mène 110 000 sorties larguant plus de 16 000 tonnes par semaine de munitions sur l’Irak, avec 1 800 chasseurs écrasant au sol l’aviation irakienne et détruisant le potentiel militaire de Saddam Hussein.

Seule mission menée à basse altitude, le raid sur Al-Jaber est la première des missions aériennes conduites par les avions français lors de l’opération Desert Storm. Ce conflit constitue une véritable révolution pour l’Armée de l’air par rapport aux dernières opérations qu’elle a menées notamment en Afrique. Guerre électronique, armements de précision, utilisation du GPS, capacités de commandement et de contrôle sont autant de progrès technologiques qui vont désormais façonner les opérations aériennes menées depuis.

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