De tous les avions du Musée de l’Air et de l’Espace, le SPAD VII de Guyemer demeure le plus précieux car plus qu’un appareil il rappelle le souvenir du Héros et à lui seul symbolise la lutte de milliers de jeunes hommes prêts à se sacrifier en combat aérien pour leur Patrie. S’il existe actuellement encore quelques avions d’As de la Première Guerre Mondiale aucun n’a conservé sa toile originale et n’a fait l’objet d’une restauration aussi minutieuse.
Le SPAD VII fut conçu par Louis Béchereau autour du moteur Hispano-Suiza 8 HS de 150 ch mis au point par Marc Birgkit en 1915. Le prototype vola en avril 1916 piloté par Becquet. Il montra immédiatement des performances très supérieures à celles des avions alors en service. Commandé à 268 exemplaires la production mit beaucoup de temps à s’organiser puisque 207 seulement avaient été construits à la fin de l’année, avec des moteurs de 150 ch.
Guynemer reçut fin décembre le premier exemplaire à moteur surcomprimé donnant 180 ch, le S 254. Avec celui-ci, l’As remporta pas moins de 16 victoires homologuées en six mois de combats, une longévité exceptionnelle à l’époque pour un chasseur.
Les difficultés de production étant surmontées, d’autres usines en réalisèrent à leur tour non seulement en France (3 355) mais aussi en Angleterre (137) et en Russie (63). Malgré l’arrivée du SPAD XIII à l’automne 1917, le SPAD VII demeura heureusement dans toutes les unités de chasse du front, car son successeur rencontra des déboires importants dus au réducteur, au point de le retirer momentanément des unités combattantes. Le SPAD VII C1 continua brillamment à tenir son rôle jusqu’à l’apparition du Fokker D.VII aux performances similaires.
Les principaux avantages du SPAD VII provenaient de la qualité de son armement, d’un moteur fiable et surtout de l’intégrité de sa structure qui lui permettait de piquer sans restriction de vitesse. Durant la Guerre il servit sous les couleurs Britanniques, Belges, Grecques, Italiennes, Russes et Serbes.